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Deux jours pour réfléchir à l’anthropologie chrétienne

Deux jours de for­ma­tion pour les prêtres, diacres et ani­ma­teurs pas­to­raux de Bruxelles. Pour prendre du recul, réflé­chir ensemble et se lais­ser inter­pel­ler par les grandes ques­tions de l’humain. Les 13 et 14 octobre der­niers, la ses­sion Théo­phile, orga­ni­sée par le ser­vice For­ma­tion et Accom­pa­gne­ment du vica­riat de Bruxelles, a ras­sem­blé plu­sieurs cen­taines d’acteurs pas­to­raux autour du thème : « Anthro­po­lo­gie chré­tienne, Enjeux et défis pour l’annonce de l’Évangile ».

Qui sommes-nous vraiment ?

C’est le théo­lo­gien Benoît Bour­gine (UCLou­vain) qui a ouvert la ses­sion par une médi­ta­tion sur l’anthropologie chré­tienne. Avec comme ques­tion cen­trale : « qui sommes-nous vrai­ment ? »

En par­cou­rant les trois articles du Cre­do, il a relié la foi, la cha­ri­té et l’espérance comme les trois che­mins de la voca­tion humaine. Croire, c’est recon­naître que notre vie vient de Dieu et non de nous-mêmes. Aimer, c’est se lais­ser trans­for­mer par le Christ, jusqu’à pou­voir aimer en véri­té. Espé­rer, enfin, c’est vivre dès aujourd’hui tour­né vers la vie éter­nelle, en pui­sant la joie dans la pro­messe de Dieu.

« Ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi », a-t-il rap­pe­lé, invi­tant cha­cun à vivre ce décen­tre­ment heu­reux qui fonde toute exis­tence chré­tienne.

Des ateliers pour affronter les défis d’aujourd’hui

L’après-midi, les par­ti­ci­pants ont pu appro­fon­dir des thé­ma­tiques concrètes et par­fois déli­cates, dans un cli­mat d’écoute et de res­pect.

Le frère fran­cis­cain Fran­çois Kabeya a par­lé de l’accompagnement de fin de vie. « La fin de vie fait par­tie de la vie, a-t-il affir­mé. Le malade reste vivant jusqu’au bout. » L’éthique chré­tienne né consiste pas à maî­tri­ser la mort, mais à demeu­rer auprès de celui qui souffre, à l’image d’un Dieu qui n’abandonne jamais.

Le phi­lo­sophe et délé­gué épis­co­pal du dio­cèse de Tour­nai pour la for­ma­tion Sta­nis­las Deprez a ensuite ouvert un champ plus inat­ten­du : le trans­hu­ma­nisme. Loin de tout catas­tro­phisme, il a mon­tré com­ment ce rêve d’un homme « aug­men­té » révèle les dérives d’une socié­té fas­ci­née par la tech­nique et la toute-puis­sance. « L’enjeu n’est pas de dia­bo­li­ser, mais de gar­der le sens de la pro­por­tion, de redé­cou­vrir la beau­té du monde créé. »

D’autres ate­liers ont abor­dé la col­la­bo­ra­tion hommes-femmes en Église, avec la psy­cho­logue Véro­nique de Thuy-Croi­zé, et les ques­tions liées au genre et à l’identité sexuelle, ani­mées par Domi­nique Struyf et le jésuite Ber­nard Pot­tier. Tous ont insis­té sur l’importance du dis­cer­ne­ment, de la patience et de l’écoute face aux souf­frances indi­vi­duelles. « Avant de juger, com­pre­nons », ont-ils plai­dé. L’Église, lieu de véri­té, doit aus­si être un lieu de com­pas­sion.

La jour­née s’est clô­tu­rée par une table ronde ani­mée par Chris­tophe Herin­ckx. Les dif­fé­rents inter­ve­nants ont croi­sé leurs regards sur ces enjeux humains et spi­ri­tuels.

Un climat d’unité

Mal­gré la diver­si­té des sen­si­bi­li­tés, prêtres dio­cé­sains, reli­gieux, laïcs enga­gés, l’atmosphère a été mar­quée par une grande écoute mutuelle. « On a sen­ti une vraie bien­veillance », confie Marie Hen­rion, enga­gée au ser­vice For­ma­tion et Accom­pa­gne­ment. « Cha­cun venait avec son expé­rience, ses réfé­rences, et tous ont cher­ché à com­prendre avant de répondre. »

Pour Capu­cine Plu­mier, enga­gée à la pas­to­rale des Jeunes, ces deux jour­nées ont été à la fois sti­mu­lantes et récon­for­tantes. « Ce que j’ai pré­fé­ré, c’est de voir tous les nom­més réunis. On sort de son entre-soi, on se rend compte qu’on fait vrai­ment Église ensemble. Je trouve ça bien. »

Présence chrétienne en ligne : entre liberté et discernement

Le len­de­main, la théo­lo­gienne Isa­belle Morel a pro­po­sé une lec­ture his­to­rique de l’annonce de l’Évangile, avant d’animer, avec Bos­co d’Otreppe (jour­na­liste à La Libre Bel­gique) et Tho­mas Rémy (assis­tant et doc­to­rant en théo­lo­gie sys­té­ma­tique à l’UCLouvain et ani­ma­teur de la chaîne You­Tube « Foi et Rai­son »), une table ronde sur les médias et les réseaux sociaux, modé­rée par Angé­lique Tasiaux.

Les échanges ont por­té sur la pos­ture du chré­tien en ligne, les dan­gers de l’ego numé­rique, mais aus­si les pos­si­bi­li­tés d’une pré­sence authen­tique et ins­pi­rante.

Dans un bel équi­libre entre prière, réflexion et fra­ter­ni­té, la ses­sion Théo­phile a uni for­ma­tion, foi vécue et com­mu­nion d’Église.

« L’essentiel, conclut Marie, c’est de né pas avoir peur d’élever le niveau, de nour­rir la réflexion, et de conti­nuer à se for­mer ensemble. Même si on né com­prend pas tout. Si deux ou trois choses nous touchent, cela suf­fit pour avan­cer. »

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